DIFFERENTES VIES DE SAINT PHILIPPE (1515-1595)

Par le Père Jacques Bombardier, Oratoire de Nancy

Saint Philippe Néri1550 à Rome: c’est dans toute la chrétienté une année jubilaire et les pèlerins se pressent nombreux aux tombeaux des apôtres Pierre et Paul dans la Ville Sainte. Ils viennent de tous les pays d’Europe. Les plus riches d’entre eux trouvent assez facilement à se loger. Pour les plus pauvres, les hôpitaux et les hospices sont toujours complets; mais un bruit courait parmi les pauvres qui arrivaient : ils pouvaient être accueillis, au cœur même de la Ville , dans le voisinage de l’église San Salvatore in Campo. En effet, dans une grande salle, la Confraternité de la Trinité des Pèlerins reçoit les pèlerins, les nourrit, les soigne et leur offre gîte et  couvert. La Confraternité, ce sont des jeunes gens souvent, pleins d’ardeur et de piété qui se dévouent auprès des pauvres pèlerins, jusqu’à 500 certains jours de cette année sainte. Les responsables de cette action charitable sont un prêtre Persiano Rosa, déjà âgé, et un jeune laïc de 35 ans, Philippe Néri.

Après ce service durant l’année du Jubilé, la Confraternité s’occupera des convalescents qu’elle accueillera à la sortie de L’Hôpital et des quelques pèlerins habituels de la Ville Sainte. En 1575, à nouveau année jubilaire, les confrères reprendront leur tâche auprès des pèlerins  et en accueilleront jusqu’à 150 000 dans l’année !
 

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Saint Philippe et la Cité

Par le Père Jacques Bombardier, Oratoire de Nancy

Il peut paraître paradoxal de rapprocher St Philippe et la Cité quand on sait qu’il fut ermite pendant presque 20 ans de sa vie et qu’il vécut assez retiré même s’il était en contact avec beaucoup de monde. Et pourtant, le sujet est pertinent et nous pouvons apprendre beaucoup dans cette attitude quelque peu étonnante de Philippe devant les affaires publiques.

Un attachement à la Cité

C’est le premier point à évoquer. St Philippe a été très profondément attaché aux deux cités où il vécut, Florence sa cité natale et Rome sa ville adoptive et qui l’a adopté au point de lui conférer le titre d’apôtre de Rome, titre qu’il a en commun avec Pierre et Paul, excusez du peu!
Cet attachement profond est cependant différent pour les deux villes:
Florence, c’est un peu la chair de sa chair, sa ville natale. On n’ose dire la ville de ses ancêtres quand on sait le sort qu’il a fait à l’arbre généalogique confié précieusement par son père! Philippe aimait Florence pour le caractère personnel de sa cité, pour sa ville intellectuelle, pour son tempérament. J’y reviendrai dans quelques instants.
Rome, c’est la Ville que Dieu lui a donnée. Il était prêt à partir en Inde même, à l’appel de St François Xavier et Dieu, par le moine de Tre Fontane, lui a dit: « Tes Indes sont à Rome ». Alors Philippe est resté et il a aimé la cité que Dieu lui avait donnée. Il ne voulut plus retourner à Florence, même à l‘appel de sa belle mère et surtout pas pour son héritage! Mais il ne voulut pas partir non plus à Milan, même quand tout allait mal pour lui à Rome. Il recula la décision au-delà du raisonnable et réussit à fâcher le Cardinal Charles Borromée. Mais il ne partit pas.

St Philippe et la cité de Florence

St Philippe Néri quitte Florence sa ville natale, fin 1532 ou début 1533…. pour ne plus y revenir, jamais. Le jeune homme qui part à l’aventure a beaucoup reçu même s’il n’en a pas vraiment conscience et va mettre du temps à trouver exactement sa voie. Il a hérité des traits marquants du caractère florentin: la vivacité intellectuelle, l’humour parfois un peu rude ! l ‘esprit républicain, le goût de l’intériorité… On retrouvera ces traits parmi d’autres, tout au long de sa vie.
Formé religieusement et politiquement au couvent dominicain très reformé de San Marco, il avait participé à tous les grands événements de sa cité et avait été conduit à réfléchir sur la vie politique; il s’était forgé une conviction personnelle qui le guidera toute sa vie.

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