D’une lettre de Saint  Joseph Vaz au préfet de l’Oratoire de Goa (septembre 1697, Kandy).                               

Croissance en  grâce et en sainteté

                Le compte rendu que j’ai à faire sur nous et notre communauté chrétienne est le même que j’ai déjà présenté à Monseigneur l’Evêque. Lorsque je suis arrivé dans ce pays, la situation générale était d’une grande rigidité envers tous et spécialement envers les personnes plus en vue, et les gouvernants ne comprenaient pas très bien le but de notre Mission. Continue reading

Saint François de Sales, évêque et docteur de l’Eglise (1567-1622) Fêté le 24 janvier

francois_de_sales_96_01François naquit en Savoie le 21 août 1567. Ordonné évêque de Genève (1602) il donna toute son activité apostolique pour ramener à la foi catholique la population du Chablais qui était passée à la Réforme protestante. Par ses activités multiformes, il éduqua le peuple chrétien, en montrant les chemins de la spiritualité adaptables à tous les choix de vie.

Il se dévoua totalement à sa mission de pasteur, se faisant simple avec les simples, discutant de théologie avec les protestants, initiant à la « vie dévote » les âmes désireuses de servir le Christ, leur ouvrant les secrets de l’amour de Dieu, attentif à mettre la vie spirituelle à la portée des laïcs et à rendre la dévotion aimable. Il valorisa la presse, promut le travail et la culture, traitant chacun avec une sage douceur et une grande bonté.
Il mourut à Lyon le 28 décembre 1622. Il fut béatifié le 8 janvier 1662 et canonisé le 19 avril 1665 par Alexandre VII et Pie IX le proclama docteur de l’Eglise en 1877 (« Docteur de l’Amour »).
Si la tradition d’une rencontre avec Saint Philippe Néri, François encore jeune et Philippe devenu âgé, n’est plus soutenable aujourd’hui à la lumière de la critique historique, ses liens d’amitié avec le Bienheureux Jean Giovenale Ancina sont certains. A la communauté sacerdotale qu’il fonda à Thonon, il voulut donner la forme d’un Oratoire philippin et il en fut le premier supérieur. Pour cette raison, les Pères de l’Oratoire ont toujours été très liés à ce saint, le considérant d’une certaine façon l’un de leur « confrère », en en célébrant la fête, dans les Congrégations les plus anciennes, comme celle d’un membre de l’Oratoire.

Du « Traité de l’amour de Dieu » de Saint François de Sales, évêque. (Livre VI, cap. 12).

                         Ce qui n’est pas Dieu n’est rien pour moi. Continue reading

La Présentation de Jésus au Temple

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Par le Père Matthieu DELESTRE, Oratoire de Dijon

Lorsqu’on entre dans la Chiesa Nuova, la chapelle de la Présentation de Jésus au Temple est la première du bas-côté gauche.

Le tableau d’autel, achevé en 1627, est l’œuvre de Giuseppe Cesari, dit le Cavalier d’Arpin. Il représente le mystère, célébré par l’Eglise le 2 février, que raconte saint Luc au chapitre 2 (22-35) de son évangile. On voit Marie, en rouge sous un grand voile bleu, à genoux sur les marches du Temple. Elle porte l’enfant Jésus dans ses bras et lève les yeux vers un homme majestueux, vêtu d’une tunique d’or et coiffé d’un turban : Syméon.

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Marie nous introduit dans le mystère du Christ

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Par le Père Raphaël CLEMENT, Oratoire de Dijon

Au long de cette année jubilaire, nous proposons un pèlerinage spirituel à l’intérieur de l’église Santa Maria della Vallicella, la Chiesa Nuova.

Selon le projet même de saint Philippe Néri, 15 tableaux décorent les chapelles latérales de la nef, selon un programme marial, majoritairement les mystères du rosaire.

Pour notre fondateur, la Vierge Marie est la véritable fondatrice de l’Oratoire. Il lui donne donc une place de choix dans la décoration de cette église dédiée à la Nativité de la Vierge Marie. Certains tableaux sont l’œuvre d’artistes secondaires, mais la plupart le sont de peintres de valeur, tels Rubens, Barrocci ou Le Caravage.
En égrenant chaque mois un des tableaux de cette suite, nous vous proposerons un parcours spirituel où Marie veut nous conduire à son Fils. De sorte, qu’à la suite de saint Philippe et de sa dévotion fervente à la Vierge, nous soyons entraînés par l’un et l’autre à une union plus intense au Christ.

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Oratoire séculier

Par le Père Jacques Bombardier, Oratoire de Nancy

ORIGINE HISTORIQUE

UNE NAISSANCE INAPERCUE

L’oratoire tire sa source de la vie même de St Philippe dès son arrivée à Rome ( 1535-1537) : dans sa vie solitaire , dans ses nombreux contacts à l’Université et dans les rues du centre de la Ville ainsi que de sa Pentecôte personnelle de 1544.

Son premier soin fut pour les malades (p.38) et presqu’aussi spontanément pour les pauvres qui erraient dans les rues de Rome. « leur mal , c’était l’oubli de Dieu…les causes en étaient l’ignorance, l’aveuglement, la séduction du péché, l’attrait démoniaque de la damnation »(38) Alors , d’après son premier biographe Bacci (39), il « résolut de s’adresser à des inconnus comme lui … Ses premiers interlocuteurs se recrutèrent parmi les garçons de course des magasins avec lesquels il échangeait des nouvelles et parlait de leur métier…Il avait su se modeler un personnage propre à établir le dialogue . Il était le jeune homme que l’on rencontre par hasard, auquel on ne prête guère attention car il appartient au vécu quotidien dans lequel il sait se fondre…Mais cette indifférence engendrée par l’habitude et par nature inefficace, il sut la transformer en un enseignement qui se gravait dans l’âme…il ne cherchait pas d’effets grandioses et imprévus ; tout porte à croire que son discours était plat et presque commun mais tirait une grande efficacité de ce qui constituait sa vertu principale : la certitude. Le sujet le plus banal de la conversation la plus commune touche, à un moment ou à un autre, au surnaturel. C’était de ce point de départ que Philippe prenait sa lancée, sans recours à une tactique élaborée mais à la lumière d’une vérité éclatante….Il se mettait alors à expliquer l’amour de Dieu. Il le décrivait avec la précision d’une gravure qui ne laissait pas de doutes à ses auditeurs sur la vérité de ses affirmations…Il était franc, plein d’aisance, volontiers facétieux, toujours joyeux et plein d’humour jusqu’au moment où, soudain grave, il abordait le sujet qui lui tenait à coeur, avec le sérieux de son caractère et la profonde conviction qui l’inspirait…une sérénité profonde empreinte d’une grande douceur. »(40)

Ce premier oratoire vivait dans une « coquille » qu’il avait reçue: la Confraternità della Carità cise en l’église San Girolamo della Carità , non loin de la via Giulia . La raison en était que le Père spirituel de St Philippe demeurait dans ce convict de prêtres de San Girolamo. Ces prédications « lui attachèrent un noyau de fidèles Une quinzaine d’hommes simples, principalement des artisans, s’assemblèrent régulièrement autour de lui. » (58)

LA PREMIERE INSTITUTION

Ce fut la création avec ces jeunes gens et son père spirituel Persiano Rosa, d’une confrérie pour l’accueil des pélerins et le soin aux convalescents. (59) Elle fut appelée « della Trinità » et sise dans l’église toute proche de San Salvatore in Campo et de San Girolamo: l’église de la Trinité. Nous sommes en 1549-1550.

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Les oratoires de Provence

Par le Père Jacques Bombardier, Oratoire de Nancy

C’est en effet, dans le midi de la France qu’il faut chercher les premiers oratoires.

Bremond note « à ma connaissance, le foyer mystique le plus actif vers la fin du XVIè siècle, c’est le Comtat, c’est la Provence. [1]» (II/9). Rien d’étonnant : cette terre du Comtat était sous influence romaine depuis 250 ans et avait donc connu la réforme catholique dans ses commencements et des liens forts et constants unissaient le Comtat et la Ville de Rome. Bremond écrit dans sa langue incomparable : « Au premier plan Avignon, l’Isle sur la Sorgue, Cavaillon Saint-Rémy, Arles, les Baux, Aix-en-Provence ; dans le lointain le dôme de Milan, l’Oratoire de Philippe Néri à Rome et le Vatican, tel est le vaste et noble décor de l’histoire qu’il me faut résumer en quelques pages… St Charles Borromée donc (qui venait juste de mourir en 1584) et St Philippe Néri »[2]

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Saint Philippe et la Cité

Par le Père Jacques Bombardier, Oratoire de Nancy

Il peut paraître paradoxal de rapprocher St Philippe et la Cité quand on sait qu’il fut ermite pendant presque 20 ans de sa vie et qu’il vécut assez retiré même s’il était en contact avec beaucoup de monde. Et pourtant, le sujet est pertinent et nous pouvons apprendre beaucoup dans cette attitude quelque peu étonnante de Philippe devant les affaires publiques.

Un attachement à la Cité

C’est le premier point à évoquer. St Philippe a été très profondément attaché aux deux cités où il vécut, Florence sa cité natale et Rome sa ville adoptive et qui l’a adopté au point de lui conférer le titre d’apôtre de Rome, titre qu’il a en commun avec Pierre et Paul, excusez du peu!
Cet attachement profond est cependant différent pour les deux villes:
Florence, c’est un peu la chair de sa chair, sa ville natale. On n’ose dire la ville de ses ancêtres quand on sait le sort qu’il a fait à l’arbre généalogique confié précieusement par son père! Philippe aimait Florence pour le caractère personnel de sa cité, pour sa ville intellectuelle, pour son tempérament. J’y reviendrai dans quelques instants.
Rome, c’est la Ville que Dieu lui a donnée. Il était prêt à partir en Inde même, à l’appel de St François Xavier et Dieu, par le moine de Tre Fontane, lui a dit: « Tes Indes sont à Rome ». Alors Philippe est resté et il a aimé la cité que Dieu lui avait donnée. Il ne voulut plus retourner à Florence, même à l‘appel de sa belle mère et surtout pas pour son héritage! Mais il ne voulut pas partir non plus à Milan, même quand tout allait mal pour lui à Rome. Il recula la décision au-delà du raisonnable et réussit à fâcher le Cardinal Charles Borromée. Mais il ne partit pas.

St Philippe et la cité de Florence

St Philippe Néri quitte Florence sa ville natale, fin 1532 ou début 1533…. pour ne plus y revenir, jamais. Le jeune homme qui part à l’aventure a beaucoup reçu même s’il n’en a pas vraiment conscience et va mettre du temps à trouver exactement sa voie. Il a hérité des traits marquants du caractère florentin: la vivacité intellectuelle, l’humour parfois un peu rude ! l ‘esprit républicain, le goût de l’intériorité… On retrouvera ces traits parmi d’autres, tout au long de sa vie.
Formé religieusement et politiquement au couvent dominicain très reformé de San Marco, il avait participé à tous les grands événements de sa cité et avait été conduit à réfléchir sur la vie politique; il s’était forgé une conviction personnelle qui le guidera toute sa vie.

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Bienheureux Sébastien VALFRE,  prêtre (1629-1710) Fêté le 30 janvier

Bx ValfreSébastien Valfrè est né à Verdun, dans le diocèse d’Alba, en 1629. Encore très jeune, il commença sa formation au ministère ecclésiastique, mais désirant avec une plus grande ardeur se consacrer tout à Dieu et au salut des âmes, il entra ensuite dans la Congrégation de l’Oratoire de Turin. Devenu prêtre, il obtint un diplôme en  théologie et il fut coopté pour entrer dans le Collège des Docteurs. Il exerça avec profit le ministère de l’évangélisation dans les hôpitaux, dans les pensionnats féminins, dans les monastères, dans les casernes, les prisons, sur les bateaux de galère, dans les ateliers, les champs, sur les places, sur les routes et même à la cour du Roi.

Il fut admirable dans l’œuvre d’éducation des petits enfants et du peuple ; il s’occupa efficacement aussi des Juifs et des Frères séparés. Assidu au confessionnal, il eut une grâce spéciale pour assister les condamnés à mort. Il s’employa aussi à l’assistance aux malades et aux mourants, à la tutelle des filles en danger, il aida généreusement les pauvres. Infatigable dans la prière, il garda toujours le don de la chasteté par l’abstinence et la mortification. Vaincu par l’âge et la fatigue, il mourut à Turin en 1710, et il fut inscrit parmi les Bienheureux en 1834 par le Pape Grégoire XVI.

 

Des écrits du Bienheureux Sébastien Valfrè, prêtre.

(Des écrits autographes conservés aux archives de la Congrégation de Turin, Vol 27, p. 42. Libre adaptation au langage courant).                                                            

La charité parfaite.

Comment pourrions-nous tendre à la perfection si l’amour de Dieu ne nous y conduit pas ? Et comment pourrions-nous aimer Dieu si nous n’observons pas nos règles ? Les  motifs qui nous obligent à aimer la perfection de tout notre cœur ne nous obligent-ils pas aussi à l’observance de ces mêmes règles ? Voici la mesure : elle présente le goût de Dieu, sa Gloire, sa volonté ; par cette voie elle veut nous conduire au paradis et non par une autre ; par ces canaux elle veut nous donner ses grâces ; à travers ces moyens elle veut nous porter à la perfection.

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