Les oratoires de Provence

Par le Père Jacques Bombardier, Oratoire de Nancy

C’est en effet, dans le midi de la France qu’il faut chercher les premiers oratoires.

Bremond note « à ma connaissance, le foyer mystique le plus actif vers la fin du XVIè siècle, c’est le Comtat, c’est la Provence. [1]» (II/9). Rien d’étonnant : cette terre du Comtat était sous influence romaine depuis 250 ans et avait donc connu la réforme catholique dans ses commencements et des liens forts et constants unissaient le Comtat et la Ville de Rome. Bremond écrit dans sa langue incomparable : « Au premier plan Avignon, l’Isle sur la Sorgue, Cavaillon Saint-Rémy, Arles, les Baux, Aix-en-Provence ; dans le lointain le dôme de Milan, l’Oratoire de Philippe Néri à Rome et le Vatican, tel est le vaste et noble décor de l’histoire qu’il me faut résumer en quelques pages… St Charles Borromée donc (qui venait juste de mourir en 1584) et St Philippe Néri »[2]

         Le Comtat Venaissin, ou Comtat, (qu’habitèrent les papes de 1309 à 1377) est une partie du département actuel de Vaucluse, entre Rhône, Mont Ventoux et Durance, comprenant principalement les villes de Cavaillon, Carpentras, Vaison-la-Romaine. L’origine du nom est controversée : soit Comitatus Vendacensis (Comté de Vénasque) ou Comitatus Avennicinus (comtat d’Avignon).
         C’est le roi de France Philippe III le Hardi qui avait cédé le Comtat au pape Grégoire X en 1274. Le pape Clément V établit sa curie à Carpentras en 1313. La ville devint alors la capitale du Comtat. Trois ans plus tard, la plaine du Comtat Venaissin était devenu le grenier à blé de la papauté d’Avignon. La reine Jeanne de Naples ayant vendu Avignon à Clément VI en 1348, les deux possessions pontificales de Carpentras et d’Avignon formèrent alors chacun un État distinct, frappant monnaie et battant pavillon.
         La première influence philippine se fait sentir en 1586, du vivant même de St Philippe : en effet, Rollin-Ferrier prêtre, après avoir pris conseil de Philippe qu’il était allé voir à Rome cette même année , fonde, avec 7 compagnons, à N D de Grâces près de Cotignac dans le Var une famille oratorienne qui vit sous la même règle que celle de Rome. La Bulle d’érection est du 13 novembre 1599, un peu plus tard que celle de Thonon. Rollin-Ferrier était en rapports habituels avec Romillon dont nous allons parler, le fondateur d’Aix. Dans ce petit oratoire vivait encore en 1608 un vieux prêtre le Père Paul extrêmement original et que le père Yvan d’Aix, son disciple, regardait comme un des plus hauts mystiques de l’époque. Ce petit oratoire s’unit à celui de Bérulle le 8 septembre 1614, à l’initiative du successeur de Ferrier, le Père André de Tod.
         Mais c’est dans le Comtat que l’Oratoire va connaître son plus grand développement.
         A l’époque où nous sommes, le pape ne réside plus dans le Comtat depuis le XVè siècle et les 85 communes sont administrées par des légats puis des vice-légats (à partir de 1590) à partir de la Congrégation d’Avignon à Rome. Il y a un archevêque à Avignon et trois évêques suffragants: Cavaillon, Carpentras et Vaison. Les titulaires sont presque tous des italiens. [3]
         Mais ne nous y trompons pas: c’est le peuple qui est dévot dans cette région, des boutiquiers de village, des petits rentiers, des bourgeois mais aussi des paysans, des soldats, des évêques, des convertis du protestantisme « les uns et les autres pris dans un même réseau de grâces, travaillant de concert à des grandes oeuvres. »[4]
         Parmi eux se distinguent de belles figures que nous allons évoquer maintenant. La vie de Jean-Baptiste ROMILLON fondateur de l’Oratoire en Provence et de son cousin César de BUS illustre à merveille ce climat. De plus, la présence de Tarugi, le disciple de St Philippe, archevêque d’Avignon dans les Etats du Pape de 1592 à 1596, n’est sans doute pas étrangère à ce développement de l’oratoire philippin, même si elle n’explique pas tout.
         Jean Baptiste Romillon, né en 1553 à L’Isle-sur-Sorgue, était originaire d’une famille calviniste: son père fut la victime de gens qui pour s’emparer de ses biens, le déclarèrent hérétique. Il le devint pour de bon… et son fils fut aussi un zélé calviniste, combattant dans les armées huguenotes. Sa mère, sœur d’un conseiller du parlement d’Aix, était pourtant très catholique, tante du Père Louis de Suffren, SJ, (1565-1641) confesseur de Louis XIII, auteur spirituel et opposant à Richelieu.
         Voici comment se passa sa conversion: une cousine chez qui il passait quelques jours, conseille à Jean-Baptiste assez désemparé de sa situation, de lire le traité d’oraison de Louis de Grenade: « Détails savoureux , écrit Bremond : … ce jeune soldat huguenot allant villégiaturer chez des catholiques; ce bon Chateauneuf (= le parent de Romillon) qui rapporte de Paris à sa femme un livre dévot; cette provençale, douce et subtile, qui au lieu de fatiguer son cousin par un ouvrage de controverse, lui offre gentiment un traité sur l’oraison. Et voilà Jean-Baptiste méditant ce livre avec délices et le conférant avec les Institutions de Calvin. » [5] Calvin n’eut pas le dessus et Romillon abjura en 1579 dans la cathédrale de Cavaillon et choisit le Père Jésuite Pecquet comme directeur spirituel. Il reprit quelques temps son métier de marchand tout en consacrant beaucoup d’heures à l’oraison.. Mais le désir d’être prêtre l’habita de plus en plus, avec un ardent désir missionnaire. C’est pourquoi il « entreprit des études au collège de Tournon proposé par le Père Péquet… Nommé chanoine de la collégiale de L’Isle en 1587, et montrant une grande austérité de vie et un grand service des malades et des pauvres, il fut ordonné prêtre en 1588, avant même la fin de ses études théologiques. » Avant de poursuivre, il faut présenter maintenant son cousin.
         Le Vénérable César de Bus, né à Cavaillon en 1544, était d’une famille aisée originaire de Rome, émigrée dans le Comtat Venaissin vers le milieu du XVè siècle. Le frère aîné de César, Alexandre de Bus, fut capitaine des gardes de Charles IX. César, au sortir de sa jeunesse pieuse et pure, partit d’abord rejoindre son frère à Paris pour faire « carrière de courtisan ». Bientôt lassé des lenteurs de ce noviciat mondain, il rentra à Cavaillon (en 1573 à la mort de son père) où il fut de 20 à 30 ans le boute-en-train de la jeunesse dorée de la contrée. Il composait des vers à la Ronsard et des pièces de théâtre qu’il faisait jouer. Après sa conversion, il brûla toutes ses poésies à la Ronsard et ses pièces théâtrales.
         On entreprit de le convertir: « on » c’est-à-dire un chapelier, Louis Guyot neveu d’un évêque de Riez, sacristain de la cathédrale, dont la boutique de chapelier était un foyer spirituel d’inspiration jésuite de la petite ville et une paysanne, Antoinette Réveillade, femme d’oraison continuelle et de pénitence, qui, après la mort de son mari, avait quitté les champs pour habiter Cavaillon, en face de la propriété des de Bus et convertir César! Antoinette n’avait pas peur d’apostropher les fidèles tièdes. De Bus encore dans ses plaisirs fut pris à partie souvent par la sainte femme. Le sacristain et elle, ces deux saintes personnes, par la lecture de la vie des saints, et leurs exhortations réussirent à conduire de Bus (puis plus tard Romillon) au Père Péquet SJ longtemps recteur du collège d’Avignon et artisan de la réforme religieuse de cette région. On saisit ainsi sur le vif comment la réforme catholique était vécue : des gens du peuple petits mais fervents, en contact avec des agents jésuites de la contre réforme ! César, converti en 1575-76 devint prêtre en 1582. Romillon comme de Bus doivent énormément au père Péquet.
         Le grand travail apostolique entrepris par les deux cousins fut toujours et amplement soutenu par les évêques locaux, tous italiens, les évêques d’Avignon, Aix, Cavaillon, Carpentras et Arles. La grande œuvre des deux cousins fut la catéchèse des enfants comme des adultes, à la campagne comme à la ville, selon une méthode simple. Ils poussent même des missions dans les Cévennes et participent à la grande mission du Vivarais en 1590. Les deux cousins sont vite rejoints par une jeunesse active dont le zèle est entretenu par la vie spirituelle de Romillon et de Bus. C’est pour eux que les deux cousins, ensemble, fondent à Avignon la congrégation de la Doctrine chrétienne en septembre 1592.
         Cette petite communauté formée autour d’eux, était animée de l’esprit de St Charles Borromée et de St Philippe Néri : Tarugi depuis Avignon (dont il est évêque de 1592 à 1596) guidait les pères tandis que, dans le même moment d’ailleurs, Bordini était évêque de Cavaillon (1592-1597) puis d’Avignon au départ de Tarugi (1597-1609 date de sa mort).
         La jeune Communauté de la Doctrine Chrétienne était unie seulement par la charité et chacun y exerçait le gouvernement, à tour de rôle, pendant une semaine. Tarugi leur obtint l’autorisation de Clément VIII le 23 déc. 1597, moyennant la nomination d’un supérieur stable.
         Cependant, un conflit surgit entre les deux cousins sur la structure même de la communauté et aboutit à une scission en 1602: Romillon demeura à Aix avec les 14 pères qui voulaient vivre sans vœu, consulta Tarugi cardinal à Rome et décida de vivre comme dans un oratoire philippin qu’ils devinrent canoniquement en 1615, ad instar Oratorii romani.
         En 1607, Ferrier et Romillon écrivirent au Père Ricci de Rome pour lui demander son avis sur la réunion des maisons de Cotignac et d’Aix en un seul institut de l’Oratoire. Il leur envoya un mémoire peu favorable à ce sujet mais la mort de Ferrier en 1608 arrêta le projet de fusion. Son successeur André de Tod poursuivit les rapports assidus de Ferrier avec la Vallicella et les Pères Ricci et Consolini.
         Romillon qui n’a laissé aucun écrit, sauf quelques lettres éparses, est mort le 16 juillet 1622.
         Quelques années après la fondation canonique de Aix, Bérulle qui commençait l’œuvre de l’Oratoire de France prit contact avec les Oratoires de Provence.
         En 1619, les onze maisons de l’oratoire de Romillon (Marseille, Cavaillon, Saint-Rémy, Arles, les Baux…) s’étaient réunies à l’Oratoire naissant de Bérulle que Romillon était allé voir à Paris en 1611 à la demande de Bérulle. Voici ce que dit Bremond à ce sujet: « Nul n’admire plus que moi le P de Bérulle, le P de Condren et les premières générations de l’Oratoire français. Il me semble pourtant que les oratoriens provençaux, aussi voisins de Rome que de Paris et d’ailleurs formés par un disciple immédiat de Tarugi, se rapprochaient davantage de l’esprit primitif de Philippe Néri. Moins métaphysiciens, moins sublimes, moins éloquents, leur simple ferveur, leur bonhomie, parfois même leurs singularités, les rendaient populaires et leur donnaient aux yeux de la foule un prestige qui manquera d’ordinaire aux fils raffinés de Bérulle. Ils gardent l’accent du pays qui les a vus naître et ils y mêlent quelque chose de l’accent de la Vallicelle. L’Oratoire de France ressemble peu à celui de Rome, il est tout français et, trop vite, français du grand siècle. Dans les premiers chapitres de sa glorieuse chronique, on voit défiler quelques-uns des compagnons de Romillon, le P de Rez, le P Jacques Merindol, le P Jean Jaubert, entre autres. Ce dernier nous dit-on, <avait beaucoup de ressemblance avec St Philippe Néri, tant pour la taille et les traits du visage que pour les manières d’agir.> Il allait monté sur un âne, évangéliser le pays. Un autre de la même période, le P Yvan avait une vive dévotion pour le saint fondateur qu’il appelait souvent en langue italienne il mio padre Filippo….Mais peu à peu l’ancienne naïveté s’efface: nos provençaux prennent le ton de Paris. Compatriotes du P Yvan, ni Mascaron ni Massillon n’ont déshonoré l’Oratoire, … mais qu’aurait dit St Philippe s’il les avait entendus ? »[6]
         Les autres membres de la première communauté de la Doctrine Chrétienne s’installèrent à Avignon et César de Bus fonda la congrégation des Doctrinaires avec les trois vœux religieux. A la demande du Pape Paul V, ils se rallièrent aux Somasques en 1616. Très vite, ils essaimèrent à Paris dès 1626 et en Italie.
         Nous avons plusieurs listes des maisons de Provence[7] : Marseille, Arles, Frontignan, Pèzenas, Maleval, St Jeoire, Perthuis, la Ciotat.[8] Batterel lui cite : Marseille, La Ciotat, Brignoles, Arles , Pèzenas, etc…[9] Le P. Bicaïs bien renseigné sur la Provence, cite pour sa part : les maisons (Pèzenas, La Ciotat, Frontignan , Arles, Maleval, St Jeoire, Aups) et les résidences (Marseille , Brignoles, Saint-Chamont, Pont St Esprit etc)[10]
         Certaines maisons périrent rapidement : Frontignan, Maleval, St Jeoire. D’autres durèrent jusqu’à la Révolution : Aix, Marseille, Arles, Pèzenas, La Ciotat. Le Père Auvray qui a travaillé cette question écrit : « Je n’ai trouvé aucune trace de communautés de l’Oratoire à Hyères, Toulon et Grasse qui sont cités par Capacelatro. »
         Notons une autre grande œuvre de nos deux cousins: en soutenant fermement Françoise de Bermond[11] et ses compagnes, ils introduisirent les Ursulines dès 1594 en Provence ( à l’Isle sur la Sorgue puis à Aix) puis dans le Comtat et en France après 1610; cela avec un tel succès que cent ans après eux, en 1699, il y avait en France 300 maisons d’Ursulines.
         Conclusion :
            Je l’emprunte à Bremond, elle est lyrique et un peu cocardière « Comme on le voit, nous n’avons fait que traverser rapidement une seule de nos provinces, nous n’avons presque jamais perdu de vue Avignon aux beaux remparts… Il nous suffit d’avoir constaté que dans une des nos régions qui sans doute ressemble plus ou moins à toutes les autres, circulent déjà et de toutes parts les eaux vives de la grâce…Des nappes profondes alimentent ces divers courants : c’est le mysticisme des humbles, de ceux qui ne savent pas lire, Antoinette de Cavaillon, Antoinette d’Avignon, le sacristain de la cathédrale… Sources prêtes à jaillir c’est la tradition qui gardent certains familles élues comme le de Bus, les Romillon, les BermondSources prêtes à jaillir, à rejoindre le fleuve puissant qui descend des collines saintes, Rome, Brescia, Milan. Qu’une poignée d’hommes apostoliques, hérauts de la contre réforme italienne ou saints du pays, le cardinal Tarugi, le Père Péquet, César de Bus, Romillon, Michaëlis[12] creusent le sol déjà tout humide et mille ruisseaux impatients se hâteront vers le fleuve qui sera bientôt tout français. » (p.35)
Ecrit par le Père Jacques Bombardier, Oratoire de Nancy
Notes de fin de document :
[1] Henri Bremond Histoire littéraire du sentiment religieux en France Armand Colin 1967      II/9
[2] idem p. 9
[3] Au XVIIIè il y a 175 000 comtadins. Annexion à la France en 1791.
[4] Idem Bremond   II/10
[5] Brémond   II/ 16
[6] Brémond II p.24-25
[7] Mais les biographes de Romillon ne s’entendent pas sur leur nombre et la liste exacte de ces minuscules communautés
[8] Liste de Bourguignon : Claude Bourguignon la vie du P Romillon prêtre de l’Oratoire de Jésus et fondateur de la congrégation des Ursulines en France Marseille 1669.
[9] L Batterel    Mémoires domestiques pour servir à l’histoire de l’Oratoire Paris 1902-1906 t.1 p. 31
[10] J Bicaïs        Notice de l’Oratoire de France Ms autographe Archives de l’Oratoire Mss 4°, n 184, 4è cahier, p. 11-12
[11] fille du trésorier général de France à Avignon
[12] ‪Sébastien Michaëlis (vers 1543 – 1618) est un dominicain français. Né à Saint-Zacharie, il entre dans l’Ordre des Frères Prêcheurs au couvent réformé de Marseille. Ce couvent fait alors partie de la « Congrégation de France » (1497-1569), qui est érigée en province d’Occitanie en 1569.
Il étudie la théologie aux Jacobins de Toulouse où il est témoin du mai sanglant de 1562, lorsque les huguenots s’emparent d’une partie de la ville, pillent le couvent des Jacobins, d’où les frères doivent s’enfuir. Il part ensuite à Paris étudier au couvent Saint-Jacques, et est de nouveau témoin en 1567 des troubles liés aux guerres de religion, lors de la Surprise de Meaux.
Il exerce dans sa province des charges d’enseignement (à Marseille, Toulouse, Avignon) et de gouvernement (prieur à Marseille, puis prieur provincial d’Occitanie de 1589 à 1594). En 1594, le chapitre provincial tenu à Fanjeaux à la fin de son provincialat, décide d’une nouvelle réforme dans la province d’Occitanie destinée à lutter contre le relâchement de la vie dominicaine et à réagir devant le schisme protestant.
Cette réforme est d’abord introduite au couvent de Clermont-l’Hérault par Michaëlis. Il reste en Languedoc de 1595 à 1599 où il tâche de conforter la minorité catholique et de tenir tête aux pasteurs calvinistes par la prédication et la controverse. Il devient alors le fer de lance de la reconquête catholique en Languedoc, de la même manière que saint Dominique l’avait été en Narbonnaise contre les cathares.
En 1599, il devient prieur du couvent de Toulouse, où il met en œuvre la réforme décidée à Fanjeaux. Il fait du couvent de Toulouse le centre d’un puissant mouvement de réforme dominicaine : renaissance de l’observance et du goût de la prière, affermissement de la foi par l’étude, nouvelles orientations apostoliques pour répondre au défi du protestantisme et des missions lointaines. De là, cette réforme prend son essor, si bien qu’en 1608 les couvents nouvellement réformés sont érigés en « Congrégation occitaine réformée », à la tête de laquelle Michaelis est nommé vicaire général (congrégation renommée en 1629 en « Congrégation de Saint-Louis »).
Michaelis fonde ensuite à Paris, en 1611, un nouveau couvent, celui des Jacobins de la rue Saint-Honoré, dont il devient prieur et où il finit ses jours. Parmi les disciples immédiats de Sébastien Michaëlis, figure Guillaume Courtet, mort martyr au Japon en 1637 et canonisé par Jean-Paul II en 1987.
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