D’une lettre de Saint  Joseph Vaz au préfet de l’Oratoire de Goa (septembre 1697, Kandy).                               

Croissance en  grâce et en sainteté

                Le compte rendu que j’ai à faire sur nous et notre communauté chrétienne est le même que j’ai déjà présenté à Monseigneur l’Evêque. Lorsque je suis arrivé dans ce pays, la situation générale était d’une grande rigidité envers tous et spécialement envers les personnes plus en vue, et les gouvernants ne comprenaient pas très bien le but de notre Mission.
Il leur était parvenu surtout des informations et des insinuations venant des hérétiques (Calvinistes) que nous étions probablement des espions, au point que beaucoup, en particulier ceux qui avaient renié la foi, désiraient que la foi catholique soit éradiquée complètement et ne donne plus de fruits à travers la prédication de l’Evangile et l’administration des sacrements : pour cela, je fus mis en prison ainsi que mes compagnons sans pour autant être attachés avec des chaînes comme les autres prisonniers, ou nous soumettre  à d’autres tortures, sinon de nous priver de la possibilité  de rencontrer et de voir les chrétiens et de les empêcher de venir nous visiter. En effet cette prison se trouvait sous une surveillance particulière, si serrée au départ que nous ne pouvions faire deux pas hors de la cellule et nous n’avions pas d’idée sur ce que le roi désirait faire de nous.
                Le Roi des rois voulut qu’un chrétien qui se trouvait dans les grâces du roi pour lui avoir rendu un service qui méritait une récompense, obtint comme la plus belle récompense la permission de me visiter et de se confesser.
                A la même époque ils ont fait en sorte que d’autres chrétiens puissent venir à nous pour que nous puissions leur conférer les sacrements et célébrer les offices divins, construisant une église que nous avions déjà agrandie et fondée.
                Dieu voulut que le nombre des fidèles croissent et que la grâce et la sainteté croissent en eux, et que nous puissions rester au milieu d’eux, sortant de notre prison, tandis que les gardes restaient près de l’église et m’accompagnaient lorsque j’avais à sortir pour les besoins des chrétiens.
Maintenant ils ne le font plus, parce qu’ils ne craignent pas que je fuie.
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