La mise au tombeau

La mise au tombeau

La mise au tombeau

par le P. Raphaël Clément, Oratoire de Dijon

La deuxième chapelle latérale de droite à la Chiesa Nuova présente ce tableau de la mise au tombeau par Le Caravage, dont l’original réalisé en 1602 pour cette église et volé par les troupes napoléonniennes, est désormais aux Musées du Vatican.

L’éclairage, le jeu des regards, la mise en scène des personnages, la composition en diagonale dirigent l’attention vers ce corps détaché de la Croix que l’on va mettre au tombeau, dont la dalle avancent en saillie.

Le Christ contemplé dans le réalisme dramatique et violent, comme souvent dans les œuvres du Caravage, est cette pierre angulaire rejetée par les bâtisseurs, sur laquelle l’édifice de l’Alliance Nouvelle est établie. Les cris ou les lamentations de Marie de Cléophas, la douleur de Marie-Madeleine, la componction de Marie et le regard de Nicodème vers le spectateur nous invitent à un acte de foi. C’est l’acte de foi de saint Philippe qui s’écriait : « Qui désire autre chose que le Christ ne sait pas ce qu’il désire ». C’est lui le fondement de notre foi.
Ainsi s’exprime l’auteur de l’Imitation de Jésus Christ, une des sources d’inspiration de Saint Philippe : « Que peut vous donner le monde sans Jésus ? Etre sans Jésus, c’est un insupportable enfer; être avec Jésus, c’est un paradis de délices. Si Jésus est avec vous, nul ennemi ne pourra vous nuire. Qui trouve Jésus trouve un trésor immense, ou plutôt un bien au-dessus de tout bien. Qui perd Jésus perd plus et beaucoup plus que s’il perdait le monde entier. Vivre sans Jésus, c’est le comble de l’indigence; être uni à Jésus, c’est posséder des richesses infinies. » (Imitation, II,8,2)
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